Base de données des entreprises françaises : d’où viennent les données, ce qui est gratuit
Toutes les bases d’entreprises françaises puisent dans les mêmes registres publics. Voici lesquels, ce que chacun contient, ce qui est gratuit, et comment en tirer une liste de prospection utilisable.
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Une poignée de registres, beaucoup de portes d’entrée
Quand on cherche une « base de données des entreprises françaises », on tombe sur des dizaines de sites. Ils semblent différents. En réalité, presque tous lisent les mêmes registres publics, tenus par l’État. Ce qui change d’un site à l’autre, c’est la présentation, les filtres, les données ajoutées, et le prix de l’export.
Comprendre d’où viennent les données vous évite deux erreurs. La première : payer pour une information que l’État publie gratuitement. La seconde : croire qu’une base contient ce qu’aucun registre ne contient, comme l’email du dirigeant. Ce guide fait le tour des sources officielles, puis des sources privées, puis explique comment passer de la donnée brute à une liste de prospection.
Le répertoire SIRENE, tenu par l’INSEE
SIRENE est le répertoire d’identification des entreprises et de leurs établissements. C’est l’INSEE qui le tient. Toute entreprise immatriculée en France y figure, qu’il s’agisse d’une société, d’une association employeuse ou d’un entrepreneur individuel. C’est là que naissent le SIREN (l’entreprise) et le SIRET (chaque établissement).
Ses données sont ouvertes et gratuites. Vous pouvez les consulter fiche par fiche sur sirene.fr, télécharger les fichiers complets sur data.gouv.fr, ou les interroger par l’API Sirene de l’INSEE, accessible après inscription.
- Identité : dénomination, sigle, enseigne, catégorie juridique
- Identifiants : SIREN de l’entreprise, SIRET de chaque établissement
- Activité : code NAF (ou APE) de l’entreprise et de chaque établissement
- Adresse de chaque établissement, avec l’indication du siège
- Tranche d’effectif salarié, quand elle est connue
- Date de création et état administratif : active ou cessée
Une partie des entrepreneurs individuels a demandé la non-diffusion de ses données. Ils sont comptés, mais sans identité exploitable. Une liste propre les écarte. Le détail des champs utiles pour prospecter est dans le guide du fichier SIRENE.
Le Registre national des entreprises, tenu par l’INPI
Le Registre national des entreprises (RNE) est le registre juridique. Depuis 2023, il centralise les informations déclarées lors des formalités de création, de modification et de cessation. On y trouve ce que SIRENE ne donne pas : les dirigeants et représentants légaux des sociétés, la forme juridique détaillée, le capital, les actes et statuts déposés, et les comptes annuels quand l’entreprise n’a pas demandé leur confidentialité.
Le RNE est consultable gratuitement sur data.inpi.fr. Le registre du commerce et des sociétés (RCS), tenu par les greffes des tribunaux de commerce, existe toujours : c’est lui qui délivre l’extrait Kbis. Pour une prospection, le RNE vous sert surtout à connaître le nom du dirigeant. Le guide trouver le dirigeant d’une entreprise explique comment le recouper.
L’API Recherche d’entreprises et l’Annuaire des entreprises
L’État publie une porte d’entrée qui réunit ces registres : l’API Recherche d’entreprises (recherche-entreprises.api.gouv.fr). Elle est gratuite, ouverte, sans clé. Elle croise SIRENE et le RNE et renvoie, pour chaque entreprise, l’identité, les établissements, l’activité, l’effectif, la date de création et les dirigeants déclarés. Elle accepte des filtres : code d’activité, département, code postal, tranche d’effectif, état administratif.
Sa version consultable à la main est l’Annuaire des entreprises. Vous y tapez un nom, un SIREN ou une adresse, et vous lisez la fiche. C’est l’outil le plus simple pour vérifier une entreprise isolée. Pour en vérifier une sans quitter ce site, notre fiche entreprise interroge la même API.
Le BODACC : les événements de la vie des entreprises
Le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) publie les annonces légales liées aux entreprises : immatriculations, modifications, ventes et cessions de fonds, procédures collectives, radiations, dépôts des comptes. Il est gratuit, sur bodacc.fr, et ses données sont aussi publiées en open data.
Le BODACC ne remplace pas un répertoire : il raconte des événements, pas un état. Il sert à repérer un moment, par exemple une création récente ou un changement de dirigeant, et à confirmer qu’une entreprise n’est pas en liquidation avant de lui écrire. Le guide entreprises nouvellement créées montre comment l’utiliser pour prospecter les jeunes entreprises.
Les sources officielles, côte à côte
| Source | Tenue par | Ce qu’on y trouve | Accès |
|---|---|---|---|
| Répertoire SIRENE | INSEE | Identifiants, activité, adresse, effectif, date de création, état | Gratuit : site, fichiers, API après inscription |
| Registre national des entreprises | INPI | Dirigeants, forme, capital, actes, comptes déposés | Gratuit : consultation en ligne |
| API Recherche d’entreprises | État (api.gouv.fr) | SIRENE et RNE réunis, avec filtres | Gratuit, sans clé |
| Annuaire des entreprises | État (data.gouv.fr) | La même donnée, fiche par fiche | Gratuit, consultation |
| BODACC | Administration (DILA) | Annonces : créations, cessions, procédures, radiations | Gratuit : site et open data |
| Registre du commerce (RCS) | Greffes | Extrait Kbis, actes | Certains documents payants pour un tiers |
Les sites privés et les bases commerciales
Les sites privés de fiches d’entreprises reprennent ces données publiques et les mettent en forme. Certains y ajoutent des éléments calculés : graphiques financiers, liens entre sociétés, alertes, scores. Beaucoup laissent consulter une fiche gratuitement et font payer l’export, les alertes ou les fonctions avancées. La page Mailbase ou Pappers compare l’un d’eux à notre approche.
Les bases commerciales de prospection vont plus loin : elles vendent des contacts, parfois des postes et des numéros directs, qu’elles ont collectés ou enrichis elles-mêmes. C’est un autre produit, avec d’autres questions sur l’origine des données. Le guide acheter un fichier ou le construire pèse les deux voies, et nos comparatifs décrivent plusieurs outils du marché.
Ce qu’aucun registre officiel ne contient
Aucun registre public ne contient d’adresse email, de numéro de téléphone ni d’adresse de site web. Ce n’est pas un oubli : les formalités ne les demandent pas. Le registre ne dit pas non plus qui occupe quel poste dans une entreprise de deux cents salariés. Il donne les dirigeants légaux, rien d’autre.
L’email se trouve presque toujours au même endroit : sur le site de l’entreprise, dans la page de contact ou les mentions légales. C’est aussi la source la plus facile à justifier auprès de la personne qui reçoit votre message. La méthode est dans trouver l’email d’une entreprise, et la vérification avant envoi dans vérifier une adresse email.
De la base brute à une liste de prospection utilisable
- Traduisez votre client en codes d’activité. Un métier correspond à un ou plusieurs codes NAF. Voir le code NAF pour prospecter.
- Comptez avant d’extraire. Notre recherche d’entreprises donne le nombre d’entreprises actives pour un code et une zone, avec un échantillon.
- Filtrez : entreprises actives seulement, département ou code postal, tranche d’effectif. Écartez les entrepreneurs non diffusibles.
- Dédoublonnez sur le SIREN. Une entreprise reçoit un seul message, même si elle a plusieurs établissements. Voir trouver le SIREN ou le SIRET.
- Trouvez le site de chaque entreprise et prouvez qu’il lui appartient, par exemple par le SIREN cité dans les mentions légales.
- Relevez l’email publié, puis vérifiez-le avant tout envoi.
- Datez l’extraction et notez la source de chaque adresse. Une liste vieillit vite, et la personne que vous contactez a le droit de savoir d’où vient son adresse.
Ce que fait Mailbase avec ces sources
Mailbase part de l’API Recherche d’entreprises. Vous décrivez votre client, il en extrait toutes les entreprises actives qui correspondent, trouve leur site, lit l’email dans les pages de l’entreprise, le vérifie, puis rédige un message par personne que vous validez. Le run mesuré montre ce que donne une extraction réelle, avec ses pertes. Le plan gratuit comprend 25 prospects vérifiés par mois, sans carte : voir le logiciel de prospection.