Délivrabilité email : arriver en boîte de réception, pas en spam
La délivrabilité décide si votre email est lu ou perdu. Authentification, réputation, montée en charge progressive, seuils publiés : ce qu’il faut mettre en place avant le premier envoi.
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Ce que recouvre la délivrabilité
La délivrabilité mesure la part de vos emails qui arrivent réellement en boîte de réception, et pas dans les courriers indésirables ni rejetés en route. Elle dépend de trois choses : l’authentification de votre domaine (prouver que c’est bien vous), la réputation de votre domaine et de votre adresse d’envoi (ce que les messageries ont appris de vos envois passés), et la qualité de chaque message (contenu, liste, désinscription).
Les messageries ne notent pas votre texte comme un correcteur. Elles observent comment les destinataires se comportent : plaintes, rebonds, réponses, suppressions sans lecture. Une bonne délivrabilité est donc le résultat d’envois sobres à des gens qui ont une raison de lire, bien plus que d’astuces techniques.
L’authentification : SPF, DKIM, DMARC
Trois enregistrements DNS prouvent qu’un message vient bien de votre domaine. SPF liste les serveurs autorisés à envoyer pour lui. DKIM ajoute une signature cryptographique que le destinataire vérifie. DMARC dit au destinataire quoi faire si les deux échouent, et vous envoie des rapports.
Ils ne garantissent pas l’arrivée en boîte de réception, mais leur absence garantit presque les problèmes : les grandes messageries exigent désormais l’authentification des expéditeurs en volume. Un SPF mal écrit est l’erreur la plus fréquente, notamment au-delà de la limite de dix résolutions DNS.
| Enregistrement | Ce qu’il prouve | Piège courant |
|---|---|---|
| SPF | Le serveur d’envoi est autorisé pour ce domaine | Plus de dix résolutions DNS, ou deux enregistrements SPF |
| DKIM | Le message n’a pas été modifié et vient du domaine | Clé publiée sur le mauvais nom, signature désalignée |
| DMARC | La politique à appliquer si SPF et DKIM échouent | Rester indéfiniment en simple surveillance |
Trois outils gratuits vous aident : le contrôle de domaine lit vos enregistrements et dit quoi corriger, le générateur SPF produit un enregistrement valide, le générateur DMARC fait de même pour la politique. L’article en anglais SPF, DKIM and DMARC explained reprend les principes.
Un domaine neuf doit gagner son volume
Un domaine qui n’a jamais envoyé n’a aucune réputation, ni bonne ni mauvaise. Si le premier jour il envoie des centaines de messages à des inconnus, il ressemble exactement à ce que les messageries bloquent. La parade est la montée en charge progressive : on commence par quelques dizaines d’emails par jour, on n’augmente que tant que les rebonds et les plaintes restent bas, et on recule dès qu’ils montent.
C’est ce que fait Mailbase pour chaque domaine d’envoi : dix paliers, de 20 à 20 000 emails par jour. On ne passe au palier suivant que si les rebonds sur sept jours restent sous 2 % et les plaintes sous 0,1 % ; sinon le domaine redescend ou se met en pause. Les contacts qui ont déjà répondu, cliqué ou ouvert passent en premier. Il n’y a ni réseau de « chauffe » ni boîtes automatiques qui ouvrent vos messages : ce serait fabriquer un faux comportement que les messageries scorent justement sur de vraies personnes. Voir la fonction délivrabilité.
Les seuils publiés par Google et Amazon SES
Les messageries et les fournisseurs d’envoi publient des seuils. Pour Gmail, Google demande de garder le taux de plaintes pour spam sous 0,1 % et de ne jamais atteindre 0,3 %, et impose SPF, DKIM, DMARC et une désinscription en un clic aux expéditeurs en volume (voir les règles d’envoi de Google). Amazon SES surveille le taux de rebonds et le taux de plaintes de chaque compte et place sous examen ceux qui dépassent ses seuils, avec une suspension d’envoi si la situation ne s’améliore pas (voir la documentation SES).
Retenez l’ordre de grandeur plutôt que le chiffre exact : visez des plaintes très inférieures à 0,1 % et des rebonds de quelques pour cent au plus. En prospection, la meilleure protection est avant l’envoi : une adresse vérifiée ne rebondit pas, une liste ciblée ne se plaint pas.
La liste et le contenu : là où se gagnent les plaintes
- Vérifiez chaque adresse avant d’envoyer : syntaxe, serveur de messagerie du domaine, adresse de remplissage ou d’agence rejetée. Voir vérifier une adresse email.
- N’écrivez qu’à des personnes pour qui le sujet a un sens : une cible mal choisie se plaint, même si le texte est parfait.
- Mettez une désinscription qui marche vraiment, en un clic et en une réponse, appliquée immédiatement.
- Évitez les mots de pression, les majuscules, les pièces jointes et les raccourcisseurs de liens.
- Écrivez peu de liens, de préférence sur votre domaine ; un lien vers un domaine suspect suffit à faire classer un message.
- Relisez avant d’envoyer avec le vérificateur d’email de prospection.
Surveiller et réagir
Regardez vos rebonds et vos plaintes par domaine d’envoi, pas seulement en moyenne. Quand un seuil est dépassé, arrêtez d’abord, cherchez ensuite : une série de rebonds vient presque toujours d’une liste, une série de plaintes d’un message ou d’une cible. Mailbase met un domaine en pause sur les seuils du fournisseur d’envoi, mesurés sur la fenêtre dans laquelle les plaintes arrivent réellement, et ne reprend qu’après correction.
Enfin, contrôlez périodiquement vos enregistrements : un changement d’hébergeur de messagerie, un nouvel outil qui envoie en votre nom, et le SPF casse sans bruit. Le contrôle de domaine se refait en quelques secondes.